Dans son avis consultatif du 23 juillet 2025, la Cour internationale de justice (CIJ) a défini les obligations des États en vue d’assurer la protection du climat et de l’environnement contre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (voir notre article à ce sujet). Bien que dépourvu de caractère contraignant, les tribunaux peuvent s’appuyer sur cet avis consultatif, qui est d’ores et déjà utilisé dans le cadre de plusieurs litiges climatiques dans le monde et auquel les juges commencent à se référer dans leurs arrêts.
Le 20 mai 2026, à l’issue d’échanges particulièrement clivants, l’Assemblée a voté, avec une forte majorité de 141 voix contre 8, l’adoption d’une résolution enjoignant les États d’honorer ces obligations. Elle y insiste notamment sur l’obligation des États d’agir avec diligence pour prévenir les dommages à l’environnement et limiter le réchauffement à + 1,5 °C (notamment en réduisant leur utilisation d’énergies fossiles afin d’en sortir progressivement), de coopérer les uns avec les autres de bonne foi et de garantir le respect des droits humains.
Le texte a été présenté au mois de janvier dernier par Vanuatu, une île du Pacifique d’ores et déjà frappée de plein fouet par les effets destructeurs du dérèglement climatique. C’est également sur l’impulsion de cet État insulaire que l’Assemblée générale avait demandé à la CIJ l’avis consultatif rendu en juillet 2025.
Les Etats-Unis, la Russie, l’Iran et l’Arabie Saoudite – qui figurent parmi les principaux producteurs de pétrole et émetteurs de gaz à effet de serre – se sont opposés à l’adoption de la résolution, à l’instar d’Israël, du Yémen, du Libéria et de la Biélorussie. 28 pays se sont abstenus (dont la Turquie, l’Inde, le Qatar et le Nigéria), tandis que la quasi-totalité des nations européennes a voté en faveur de cette mesure.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a salué l’adoption de cette résolution, en soulignant la responsabilité des gouvernements dans la protection des citoyens contre « l’escalade de la crise climatique » (« the escalating climate crisis »).
À la suite des difficiles négociations ayant mené à son adoption, le texte a fait l’objet de multiples révisions et certains éléments qui y figuraient à l’origine ont disparu, notamment le « registre international des dommages », qui visait à rassembler les preuves des préjudices causés par le dérèglement climatique. Toutefois, la résolution rappelle que, d’après la CIJ, un État qui violerait ses obligations climatiques engage sa responsabilité et pourrait même être tenu d’accorder « une réparation intégrale aux États lésés ». Ainsi, ce texte pourrait ouvrir la voie à des réparations dans certains États déjà frappés par les effets du dérèglement climatique, et constituer dès lors un tournant en matière de responsabilité pour les dommages attribuables à celui-ci.
L’avis consultatif de la CIJ peut être consulté ici et la résolution de l’Assemblée générale ici.
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Die Generalversammlung der Vereinten Nationen fordert die Staaten auf, das Gutachten des IGH zu ihren Klimaschutzverpflichtungen umzusetzen
In seinem Gutachten vom 23. Juli 2025 hat der Internationale Gerichtshof (IGH) die Verpflichtungen der Staaten zum Schutz des Klimas und der Umwelt vor anthropogenen Treibhausgasemissionen festgelegt (siehe unseren Artikel zu diesem Thema). Obwohl dieses Gutachten nicht bindend ist, können sich Gerichte darauf stützen; es wird bereits im Rahmen mehrerer Klimastreitigkeiten weltweit herangezogen, und Richter beginnen, in ihren Urteilen darauf Bezug zu nehmen.
Am 20. Mai 2026 verabschiedete die Versammlung nach einer besonders kontroversen Debatte mit einer deutlichen Mehrheit von 141 zu 8 Stimmen eine Resolution, in der die Staaten aufgefordert werden, diesen Verpflichtungen nachzukommen. Darin betont sie insbesondere die Verpflichtung der Staaten, mit der gebotenen Sorgfalt zu handeln, um Umweltschäden zu verhindern und die Erwärmung auf +1,5 °C zu begrenzen (insbesondere durch die Reduzierung ihres Verbrauchs fossiler Brennstoffe, um schrittweise aus deren Nutzung auszusteigen), in gutem Glauben miteinander zu kooperieren und die Achtung der Menschenrechte zu gewährleisten.
Der Text wurde im vergangenen Januar von Vanuatu vorgelegt, einer Pazifikinsel, die bereits jetzt von den zerstörerischen Auswirkungen des Klimawandels besonders stark betroffen ist. Auf Initiative dieses Inselstaates hatte die Generalversammlung den IGH um das im Juli 2025 abgegebene Gutachten gebeten.
Die Vereinigten Staaten, Russland, der Iran und Saudi-Arabien – die zu den grössten Ölproduzenten und Treibhausgasemittenten zählen – haben sich gegen die Verabschiedung der Resolution ausgesprochen, ebenso wie Israel, der Jemen, Liberia und Weissrussland. 28 Länder enthielten sich der Stimme (darunter die Türkei, Indien, Katar und Nigeria), während fast alle europäischen Staaten für diese Massnahme stimmten.
UN-Generalsekretär Antonio Guterres begrüsste die Verabschiedung dieser Resolution und betonte die Verantwortung der Regierungen für den Schutz der Bürger vor der „eskalierenden Klimakrise“ („the escalating climate crisis“).
Nach den schwierigen Verhandlungen, die zu ihrer Verabschiedung führten, wurde der Text mehrfach überarbeitet, und einige ursprünglich enthaltene Elemente fielen weg, insbesondere das „internationale Schadensregister“, das Beweise für die durch den Klimawandel verursachten Schäden sammeln sollte. Dennoch erinnert die Resolution daran, dass nach Ansicht des IGH ein Staat, der seine Klimaschutzverpflichtungen verletzt, haftbar ist und sogar verpflichtet sein könnte, „den geschädigten Staaten vollständigen Schadensersatz zu leisten“. Somit könnte dieser Text den Weg für Entschädigungen in bestimmten Staaten ebnen, die bereits von den Auswirkungen des Klimawandels betroffen sind, und damit einen Wendepunkt in Bezug auf die Haftung für die darauf zurückzuführenden Schäden darstellen. Das Gutachten des IGH kann hier eingesehen werden (auf Englisch), die Resolution der Generalversammlung hier (ebenfalls auf Englisch).
Marion Chautard